Taux de pauvreté

Une mesure complète du bien-être doit aussi comporter des informations sur les groupes défavorisés et leur situation. Selon le préambule de la Constitution fédérale, la force d'un peuple se mesure au bien-être des plus faibles. L'indicateur « Taux de pauvreté » exprime la part de la population dont le revenu se situe en dessous d'un seuil de pauvreté défini sur le plan financier. Il comprend en plus des informations sur la structure socio-économique des personnes ou ménages pauvres.
Il est usuel, dans les études sur la pauvreté, d'utiliser différents concepts pour déterminer la pauvreté. Le concept absolu de pauvreté (ci-après « pauvreté ») s'appuie sur un seuil de pauvreté correspondant au minimum vital social. Il est complété par le concept relatif de pauvreté utilisé couramment au niveau international (ci-après « risque de pauvreté »). Pour appréhender les aspects non monétaires de
la pauvreté, on a recours à un indicateur, également défini au plan européen, qui permet de mesurer le degré de privation matérielle. Une attention particulière est en outre portée à la pauvreté touchant les personnes actives occupées, car l'exercice d'une activité professionnelle passe pour être un moyen de réduire le risque de pauvreté.

Tableaux

Méthodologie

Les revenus relevés dans l’enquête SILC 2017 se réfèrent à l’année 2016.  Afin de tenir compte de l’avantage financier que représente le fait d’être propriétaire de son logement ou de bénéficier d’un loyer inférieur au prix du marché, le taux de risque de pauvreté considère en sus du revenu brut des ménages concernés un « loyer fictif » correspondant à la valeur d’usage de ce patrimoine, après déduction des frais de logement effectivement payés. Comme le loyer fictif n’est pas calculé dans tous les pays, la comparaison internationale se base sur un revenu disponible équivalent sans loyer fictif. Dans le concept de pauvreté absolue, le revenu du ménage est généralement utilisé sans loyer fictif, car les frais de logement sont déjà considérés dans le seuil de pauvreté.  

Définitions

Définition de l'indicateur
D’une manière générale, la pauvreté peut être définie comme une insuffisance de ressources (matérielles, culturelles et sociales) telle que les personnes sont exclues du niveau de vie minimal reconnu comme acceptable dans le pays où elles vivent. On définit généralement la pauvreté en termes monétaires. Dans ce cadre, deux types d’approches sont usuelles: l’approche absolue et l’approche relative.

Le taux de pauvreté se réfère à un seuil «absolu»: sont considérées comme pauvres les personnes qui n’ont pas les moyens financiers d’acquérir les biens et services nécessaires à une vie sociale intégrée. Le seuil de pauvreté utilisé a été calculé d’après les normes de la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS), couramment utilisées pour mesurer le droit à l’aide sociale en Suisse. Un taux de pauvreté ainsi défini est un ordre de grandeur approprié pour la politique sociale, car le soutien financier octroyé aux personnes ou aux ménages se traduit directement par une réduction mesurable de la pauvreté.

Le taux de risque de pauvreté se réfère à un seuil «relatif»: sont considérées comme à risque de pauvreté les personnes vivant dans un ménage dont le revenu est sensiblement inférieur au niveau habituel des revenus dans le pays considéré. La pauvreté est donc envisagée comme une forme d’inégalité. En effet, le fait qu’une personne soit considérée comme à risque de pauvreté ne dépend pas uniquement de sa situation économique propre (respectivement de celle du ménage), mais également de celle des autres personnes vivant dans le pays concerné. Comme cet indicateur peut être calculé partout de la même manière, indépendamment de facteurs propres à un pays, telle que la législation sociale, il est approprié pour les comparaisons internationales.

Les deux concepts tiennent compte des différentes sources de revenu des ménages, mais pas de leur fortune éventuelle (pauvreté en termes de revenu).

La privation matérielle est définie comme l’incapacité, faute de ressources financières suffisantes, d’accéder à certains biens de consommation durables ou d’assurer des conditions d’existence minimales. On parle de privation matérielle pour les personnes qui sont dans l’incapacité de financer au moins trois des neuf éléments ci-après, quatre pour la privation matérielle sévère. Ces éléments ont été définis de façon coordonnée au plan européen.
Situation financière:
• pouvoir supporter une dépense imprévue correspondant au 1/12e du seuil de risque de pauvreté (60%) pour une personne vivant seule (en Suisse: 2500 francs en l’espace d’un mois),
• pouvoir financer chaque année une semaine de vacances hors de son domicile,
• ne pas avoir d’arriérés de paiements,
• avoir les moyens de prendre au moins tous les deux jours un repas de viande ou de poisson (ou son équivalent végétarien),
• avoir les moyens de chauffer convenablement son logement.
Biens de consommation durables:
• posséder un lave-linge,
• un téléviseur couleur,
• un téléphone,
• une voiture.
Ces questions sont posées à un seul membre du ménage et les réponses sont attribuées à l’ensemble des membres du ménage.

Les personnes actives occupées correspondent aux personnes âgées de 18 ans et plus qui, l'année précédant l'enquête, ont eu une activité dépendante ou indépendante durant plus de la moitié des mois (statut d’activité le plus fréquent).

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