Taux de pauvreté

Une mesure complète du bien-être doit aussi comporter des informations sur les groupes défavorisés et leur situation. Selon le préambule de la Constitution fédérale, la force d'un peuple se mesure au bien-être des plus faibles. L'indicateur « Taux de pauvreté » exprime la part de la population dont le revenu se situe en dessous d'un seuil de pauvreté défini sur le plan financier. Il comprend en plus des informations sur la structure socio-économique des personnes ou ménages pauvres.
Il est usuel, dans les études sur la pauvreté, d'utiliser différents concepts pour déterminer la pauvreté. Le concept absolu de pauvreté (ci-après « pauvreté ») s'appuie sur un seuil de pauvreté correspondant au minimum vital social. Il est complété par le concept relatif de pauvreté utilisé couramment au niveau international (ci-après « risque de pauvreté »). Pour appréhender les aspects non monétaires de
la pauvreté, on a recours à un indicateur, également défini au plan européen, qui permet de mesurer le degré de privation matérielle. Une attention particulière est en outre portée à la pauvreté touchant les personnes actives occupées, car l'exercice d'une activité professionnelle passe pour être un moyen de réduire le risque de pauvreté.

Tableaux

Méthodologie

Les revenus relevés dans l’enquête SILC 2016 se réfèrent à l’année 2015.  Afin de tenir compte de l’avantage financier que représente le fait d’être propriétaire de son logement ou de bénéficier d’un loyer inférieur au prix du marché, le taux de risque de pauvreté considère en sus du revenu brut des ménages concernés un « loyer fictif » correspondant à la valeur d’usage de ce patrimoine, après déduction des frais de logement effectivement payés. Comme le loyer fictif n’est pas calculé dans tous les pays, la comparaison internationale se base sur un revenu disponible équivalent sans loyer fictif. Dans le concept de pauvreté absolue, le revenu du ménage est généralement utilisé sans loyer fictif, car les frais de logement sont déjà considérés dans le seuil de pauvreté.  

Définitions

Définition de l'indicateur
La pauvreté financière peut se définir ici de deux manière divergentes: selon une approche absolue et selon une approche relative.

Le taux de pauvreté se réfère à un seuil « absolu »: sont considérées comme pauvres les personnes qui n'ont pas les moyens financiers d'acquérir les biens et services nécessaires à une vie sociale intégrée. Cette définition repose sur le minimum vital social. Le taux de pauvreté sert ici de base d'évaluation de la politique sociale. Le seuil de pauvreté se compose d'un forfait pour les frais d'entretien, des frais de logement individuels et de 100 francs par mois et par personne de 16 ans ou plus pour d'autres dépenses.

Le taux de risque de pauvreté est basé sur un seuil « relatif » : sont considérées comme présentant un risque de pauvreté les personnes dont le revenu disponible équivalent est sensiblement inférieur au niveau habituel des revenus dans le pays considéré. La pauvreté est donc envisagée comme une forme d'inégalité. Par convention, le seuil de risque de pauvreté est fixé par l'Union européenne à 60% de la médiane du revenu disponible équivalent (OCDE: à 50%).  

La privation matérielle est définie comme l’incapacité, faute de ressources financières suffisantes, d’accéder à certains biens de consommation durables ou d’assurer des conditions d’existence minimales. On parle de privation matérielle pour les personnes qui sont dans l’incapacité de financer au moins trois des neuf éléments ci-après, quatre pour la privation matérielle sévère. Ces éléments ont été définis de façon coordonnée au plan européen.
Situation financière:
• pouvoir supporter une dépense imprévue correspondant au 1/12e du seuil de risque de pauvreté (60%) pour une personne vivant seule (en Suisse: 2500 francs en l’espace d’un mois),
• pouvoir financer chaque année une semaine de vacances hors de son domicile,
• ne pas avoir d’arriérés de paiements,
• avoir les moyens de prendre au moins tous les deux jours un repas de viande ou de poisson (ou son équivalent végétarien),
• avoir les moyens de chauffer convenablement son logement.
Biens de consommation durables:
• posséder un lave-linge,
• un téléviseur couleur,
• un téléphone,
• une voiture.
Ces questions sont posées à un seul membre du ménage et les réponses sont attribuées à l’ensemble des membres du ménage.

Les personnes actives occupées correspondent aux personnes âgées de 18 ans et plus qui, l'année précédant l'enquête, ont eu une activité dépendante ou indépendante durant plus de la moitié des mois (statut d’activité le plus fréquent).

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