Cette formule permet de calculer la force des partis à l’intérieur d’une circonscription électorale (canton), mais non la force des partis au plan national ni la structure de leur implantation cantonale . Pour obtenir ces deux dernières informations, on ne peut pas se baser sur la somme des voix, car le nombre de voix que les électeurs peuvent attribuer varie d’un canton à l’autre en raison du fait que les cantons ne disposent pas du même nombre de sièges au Conseil national. Il faut donc convertir les suffrages exprimés sur le plan cantonal en une valeur comparable sur le plan suisse, à savoir un nombre d’électeurs fictifs.
Le nombre d’électeurs fictifs s’obtient en divisant le nombre de voix obtenues par chaque parti par le nombre de sièges dont la circonscription électorale (canton) dispose. Cette manière de calculer es-camote le fait que certains électeurs ne font pas pleinement usage de leur pouvoir de vote: en effet, 1% environ des suffrages sont perdus sur les bulletins sans dénomination de liste (les «listes libres») où des lignes sont laissées vides. Le nombre d’électeurs fictifs que l’on obtient par ce calcul simplifié est donc inférieur de près de 1% au nombre des bulletins valables, c’est-à-dire au nombre des élec-teurs qui ont exprimé valablement leur vote.
L’Office fédéral de la statistique considère que le nombre d’électeurs fictifs doit être identique à celui des bulletins de vote valables déposés dans l’urne. Il répartit par conséquent les «suffrages perdus» des bulletins sans dénomination de liste de manière équitable entre tous les partis. Pour ce faire, il remplace le dénominateur «nombre de sièges par canton» par le rapport «total des suffrages exprimés/total des bulletins valables». Le total des électeurs fictifs ainsi obtenu correspond au nombre de bulletins valables. Avec ce nombre fictif d’électeurs, calculé à l’échelle cantonale, la force des partis est exprimée dans une unité qui permet de faire des additions pour l’ensemble du pays ou pour plusieurs cantons.
Les électeurs fictifs doivent être pris en compte séparément pour chaque niveau d’agrégation (communes, districts, cantons, Suisse). L’utilisation de chiffres arrondis fait que le nombre d’électeurs fictifs d’un district, par exemple, différera selon qu’il sera obtenu directement à ce niveau ou par l’addition des totaux communaux. (948)
Le taux de participation est obtenu en divisant le nombre de votants (soit les bulletins électoraux déposés) par le nombre d’électeurs. Sont considérés comme votants tous les électeurs qui ont glissé un bulletin dans l’urne, ce bulletin fût-il blanc ou nul.
Taux de participation en % = nombre de bulletins déposés / nombre d’électeurs X 100
Avec le grand essor du vote par correspondance à partir des années 1990, le nombre de votes nuls (par ex. signature manquante sur la carte de légitimation, timbre de contrôle manquant) a également augmenté. L’invalidité du vote n’est pas réglée de manière identique dans tous les cantons, car leurs dispositions de procédure en la matière peuvent différer. Le taux de participation n’est donc pas établi partout sur la même base. (991)